Dévoilé le 22 octobre 2026 par la société One Kind Artifact (OKA), Mori est un robot domestique conçu pour favoriser la détente plutôt que multiplier les fonctionnalités. Avec sa silhouette de champignon, ses lumières et ses sons inspirés de la nature, cet appareil réagit aux interactions, mais sans écran ni commandes vocales. Un concept de compagnon zen tentant à l’approche des fêtes, mais qui conserve malgré tout un prix élevé, avec des premières unités proposées à 649 $…
Un robot compagnon qui préfère le calme aux fonctionnalités
Haut d’environ 30 cm, pour 1,5 à 2 kg, Mori pourrait davantage faire penser à une lampe de chevet en forme de champignon qu’à un robot. D’ailleurs, contrairement aux assistants vocaux et aux robots domestiques conçus pour exécuter des tâches, Mori ne répond pas aux questions et ne commande pas les appareils connectés. Il interagit principalement par des mouvements, des expressions lumineuses et des sons. Un simple contact suffit à déclencher certaines réactions, tandis que sa tête peut se rétracter pour, effectivement, transformer l’appareil en lampe.
Son corps, recouvert d’un tissu mêlant laine et fibres textiles, abrite des capteurs, tandis que sa tête lumineuse comporte deux yeux animés et une caméra. Des mécanismes internes lui permettent d’orienter son regard, de bouger légèrement et de manifester différentes attitudes, de la curiosité à la timidité, en passant par la surprise et l’enthousiasme.
Le robot peut également proposer des séquences de relaxation associant éclairage et ambiances sonores évoquant notamment la pluie, les forêts ou les feux de cheminée. Des exercices de respiration guidée peuvent compléter ces expériences. Pour Hua Wang, PDG d’OKA, l’objectif est de proposer une technologie qui restitue de l’attention à ses utilisateurs, plutôt que de chercher constamment à la capter.
Mori embarque aussi une batterie de 37,7 Wh, non remplaçable par l’utilisateur, et qui atteindrait 80 % de charge en 2 h 30 maximum. Elle lui permet en théorie de fonctionner sans être branché, pour être utilisé dans différentes pièces de la maison, voire hors du domicile. Mais son autonomie ne serait que de 30 min à pleine charge. Le fabricant recommande donc de laisser l’appareil branché à un emplacement fixe, pour une utilisation prolongée.
Une intelligence artificielle qui s’adapte à son environnement
Derrière ses mouvements discrets, Mori s’appuie sur deux systèmes logiciels complémentaires. « Attentive Intelligence » analyse le contexte de la pièce, tandis que « VIBE » (pour « Vitality, Interaction, Bonding and Emotion ») pilote son état interne et ses réactions. La combinaison de ces mécanismes doit lui permettre d’adapter son comportement selon l’heure, les personnes présentes et les interactions précédentes.
Grâce à sa caméra et ses microphones, le robot peut notamment distinguer les personnes familières des inconnus et réagir différemment à leur présence. Sa mémoire évolutive contribuerait à façonner une personnalité propre à chaque appareil. OKA affirme même pouvoir transférer cette identité numérique vers un nouveau corps en cas de panne matérielle.

La protection de la vie privée constitue un autre de leurs arguments commerciaux. Selon l’entreprise, les images et les sons captés sont traités localement, sans être envoyés vers le cloud. Lorsque la tête se rétracte, la caméra est en principe désactivée, et un double contact sur le dessus permet également de couper les microphones. Le Wi-Fi sert notamment aux mises à jour logicielles.
Une information à prendre toutefois avec des pincettes, sachant les problèmes de sécurité et de confidentialité que peuvent représenter les objets connectés tels que les robots dédiés au ménage ou les jouets dopés à l’IA.
Mori : un premier produit pour une nouvelle approche de la robotique
Fondée par Hua Wang et Weizhe Chen, OKA prévoit de développer une gamme de 5 robots, nommée « Artifact », avec chacun des produits explorant une relation humaine particulière. Mori, le premier d’entre eux, s’intéresse aux liens entre les individus, leur environnement immédiat et la nature.
Dans des propos relayés par Wallpaper, Wang explique notamment avoir remis en question les formes habituelles de la robotique après avoir découvert le film Metropolis de Fritz Lang, sorti en 1927, et s’être interrogé sur la place des robots dans notre société. Selon lui, nos attentes placées dans les robots modernes, à savoir leur faire faire tout ce dont est capable un humain, nous conduiraient à accepter des machines potentiellement intrusives dans nos espaces privés.
OKA entend bousculer cette relation à la machine. Ce positionnement distingue Mori des concurrents comme le Neo de 1X ou les compagnons conversationnels Poketomo et Romi, davantage orientés vers les services ou les échanges. Ici, l’intérêt revendiqué réside dans une présence expressive, sans nécessité de conversation ni d’utilité pratique immédiate.
Mori reste toutefois dans la lignée des « robots mignons », parfaits à offrir en cadeaux à Noël, au même titre que le Robot Phone de Honor ou le récent Microduck, le petit robot canard des Français de Pollen Robotics, qui connaît actuellement un succès fulgurant.
Le prix reste néanmoins élevé pour un appareil qui ne réalise aucune tâche ménagère. L’offre de lancement à 649 $ comprend un abonnement de 2 ans aux ambiances sonores Nature Time, ainsi que des avantages réservés aux premiers acheteurs. La version standard est annoncée à 799 $, sans cet abonnement inclus.
Mori mise ainsi sur une autre définition du robot domestique : non plus une machine chargée de simplifier le quotidien, mais un objet interactif destiné à encourager des moments de calme. Reste à savoir si cette présence silencieuse suffira à convaincre les consommateurs de son intérêt.
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