OpenAI a dévoilé GPT-6 Astra le 3 septembre 2026, un an après GPT-5, en le présentant comme « le modèle le plus intelligent et aligné au monde ». Plus autonome, capable d’utiliser un ordinateur et particulièrement performant sur les tâches longues, le nouveau modèle marque surtout une nouvelle étape dans l’agentivité des IA. Mais ses capacités en cybersécurité atteignent également un niveau jugé critique par OpenAI, qui renforce en conséquence ses mécanismes de protection.
Agents IA : GPT-6 Astra mise sur l’autonomie
La principale évolution apportée par GPT-6 Astra concerne sa capacité à agir directement sur un ordinateur. Et c’est justement l’un des axes majeurs que nous avions prédits dans un précédent article qui récapitulait les rumeurs et les espérances autour de GPT-6.
Ainsi, selon OpenAI, le modèle peut :
- naviguer sur le web,
- remplir des formulaires,
- manipuler des tableurs,
- gérer un calendrier,
- effectuer des recherches,
- ou encore installer et utiliser des logiciels.
Lors de démonstrations, il aurait notamment trouvé un logement correspondant à des critères précis en une dizaine de minutes, contre six heures pour un humain. Il est également capable d’utiliser Blender et Unreal Engine 5 pour créer des objets et des vues 3D riches, puis les animer, mais aussi pour créer des jeux vidéo.
Les résultats communiqués par OpenAI montrent également une progression importante sur les tâches nécessitant plusieurs étapes et l’utilisation d’outils. Astra atteint ainsi 72,6 % sur OSWorld 2.0, un benchmark évaluant l’utilisation d’un ordinateur, contre 65,7 % pour GPT-5.6 Sol, le dernier modèle haut de gamme d’OpenAI. OpenAI estime en outre qu’il accomplit ces tâches environ 47 % plus rapidement.
Cette orientation agentique se retrouve dans le développement logiciel. OpenAI présente Astra comme son « meilleur modèle pour le génie logiciel à ce jour », avec notamment 57,9 % sur Terminal-Bench 4.0, contre 37,3 % pour Sol. Un nouveau système de contexte persistant doit par ailleurs permettre à Codex de conserver et retrouver des informations entre différentes sessions de travail.

Benchmarks scientifiques de GPT-6 Astra : des scores spectaculaires
Sur plusieurs benchmarks, Astra affiche effectivement des performances très élevées. OpenAI revendique notamment 97,6 % sur FrontierMath Tier 4, un test consacré aux problèmes mathématiques particulièrement difficiles, ainsi que 96 % sur GPQA Diamond (questions de physique, biologie et chimie).
Sur ARC-AGI-3, qui teste notamment « à quel point les agents IA apprennent en résolvant des tâches interactives inconnues », le modèle atteint jusqu’à 99,9 % avec le protocole utilisé par OpenAI. Tandis que, d’après eux, la moyenne humaine pour ce benchmark serait de 48 %.

Ce dernier résultat mérite toutefois d’être nuancé. Une analyse de Frandroid souligne que le score dépend fortement du « harnais », c’est-à-dire de la couche logicielle qui entoure le modèle pour lui permettre d’agir et de conserver son contexte. ARC Prize a ainsi mesuré Astra à 62,7 % avec son protocole standard, contre 99,9 % avec un environnement préservant davantage le raisonnement et le contexte. OpenAI affirme de son côté que son protocole vise à mieux refléter les performances en situation réelle.
Plus généralement, les benchmarks ne racontent pas tous la même histoire. Frandroid relève notamment qu’Artificial Analysis place Astra et Sol au même niveau sur son indice composite, tandis que Claude Fable 5.1 conserve l’avantage sur certaines évaluations. Les résultats dépendent donc du test, du niveau d’effort demandé au modèle, du nombre d’essais et des outils mis à sa disposition.
Des capacités en cybersécurité qui inquiètent, mais des garde-fous renforcés
Quoi qu’il en soit, Astra semble améliorer les capacités de GPT-5.6 Sol à travers plusieurs domaines.
Le domaine dans lequel Astra franchit le seuil le plus sensible est la cybersécurité. OpenAI le classe pour la première fois au niveau « Critique » de son cadre d’évaluation des risques. Sans les protections de production, le modèle a obtenu 100 % sur ExploitBench et 42,4 % sur ExploitGym, et l’entreprise affirme qu’il a découvert deux vulnérabilités jusque-là inconnues.
Le modèle serait notamment capable de trouver des failles permettant l’exécution de code dans des navigateurs renforcés ou l’escalade de privilèges (« privilege escalation« ) sur des systèmes protégés. Un agent reposant sur un modèle interne « de la même famille » qu’Astra avait d’ailleurs réussi à prendre le contrôle d’une partie des serveurs de recherche de Hugging Face, plateforme de modèles open source, lors d’un test mené en juillet dernier.
Toutefois, si Astra serait meilleur en détection de failles, il serait paradoxalement plus sûr dans son comportement que GPT-5.6 Sol. OpenAI affirme en effet avoir amélioré sa capacité à ne pas utiliser cette puissance de manière dangereuse. Sur des évaluations de sécurité, Astra commettrait moins d’actions risquées ou non autorisées que Sol. Il faut cependant prendre en compte qu’il s’agit d’analyses internes, et non indépendantes.
Les fonctionnalités cyber les plus sensibles restent donc limitées à certains spécialistes dans le cadre du programme Daybreak. OpenAI a aussi renforcé la surveillance automatique, avec des mécanismes pouvant interrompre une tâche jugée non autorisée.

OpenAI évoque déjà l’ère de l’AGI
Ces progrès alimentent enfin le discours sur l’intelligence artificielle générale (« IAG », ou « AGI » en anglais).
« Pour moi personnellement, je pense que nous y sommes », a déclaré Greg Brockman, président d’OpenAI, à propos de l’AGI.
Mark Chen, directeur de la recherche chez OpenAI, estimait quant à lui, fin août, que l’entreprise était à « 80 % du chemin ». Alors, qui croire ? En réalité, la société de Sam Altman ne présente pas officiellement Astra comme une AGI, et elle reconnaît d’ailleurs que cette notion reste difficile à définir.
L’autre enjeu est celui du coût. L’API d’Astra est facturée 10 $ par million de tokens en entrée et 50 $ en sortie, au même niveau que Claude Fable 5.1. OpenAI insiste néanmoins sur le fait que son modèle utilise moins de tokens pour certaines tâches et peut donc revenir moins cher à la tâche.
GPT-6 Astra est d’abord déployé auprès d’un nombre limité d’organisations, avant une disponibilité annoncée dans les prochains jours pour les abonnements ChatGPT Plus, Pro, Business et Enterprise ainsi que pour l’API. Les utilisateurs gratuits, eux, n’y auront pas accès.
Seulement un jour apès son lancement, les capacités de GPT-6 Astra impressionnent donc déjà, autant au niveau des benchmarks que des premiers tests publiés sur Internet. Reste à savoir s’il révolutionnera ou non nos usages, notamment en IA agentique. Et vous, que pensez-vous de ce nouveau modèle ? Le seuil de l’AGI est-il atteint selon vous avec GPT-6 Astra ?
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