Nvidia a dévoilé RTX Spark, une nouvelle plateforme matérielle et logicielle destinée aux PC portables Windows. Présentée lors de la GTC Taipei, elle associe une nouvelle puce Arm, des optimisations spécifiques de Windows 11 et un environnement d’exécution conçu pour des agents IA, capables d’exécuter des tâches directement sur l’ordinateur de l’utilisateur, sans dépendre systématiquement du cloud.
Une architecture conçue pour les agents IA exécutés en local
Au cœur de RTX Spark se trouve le processeur N1X, une « superchip » réunissant un GPU Nvidia Blackwell RTX de 6 144 cœurs CUDA et un processeur Nvidia Grace à 20 cœurs basé sur l’architecture Arm, développée avec MediaTek. L’ensemble est relié par l’interconnexion NVLink-C2C et peut être associé à jusqu’à 128 Go de mémoire unifiée.
Nvidia et Microsoft présentent cette plateforme comme une infrastructure destinée aux agents IA personnels. Selon les deux entreprises, l’objectif est de permettre l’exécution locale de modèles avancés tout en conservant les données de l’utilisateur sur son appareil.
La capacité mémoire constitue l’un des arguments mis en avant. Nvidia affirme que RTX Spark peut exécuter localement des modèles de langage atteignant 120 milliards de paramètres avec un contexte pouvant aller jusqu’à un million de tokens. L’entreprise évoque également la possibilité de faire fonctionner des agents comme OpenClaw ou Hermes Agent directement sur Windows.
Pour répondre aux enjeux de sécurité, Microsoft introduit de nouveaux mécanismes de contrôle et d’isolation dans Windows 11. De son côté, Nvidia déploie OpenShell, un environnement permettant aux utilisateurs de définir les autorisations des agents, de contrôler l’accès aux données personnelles ou encore d’orienter certaines requêtes vers des modèles locaux plutôt que vers des services cloud.

Microsoft adapte Windows 11 à la plateforme RTX Spark
L’arrivée de RTX Spark s’accompagne d’un travail conjoint entre Nvidia et Microsoft afin d’adapter Windows 11 à cette nouvelle architecture Arm.
Le système d’exploitation bénéficie notamment d’un nouveau planificateur de tâches destiné à répartir les calculs sur les 20 cœurs du processeur Grace. Microsoft a également modifié la gestion de la mémoire afin de permettre au GPU d’accéder à des portions plus importantes de la mémoire unifiée. Un point présenté comme essentiel pour charger des modèles d’IA volumineux.
Nvidia estime que cette approche doit permettre de transformer le rôle du PC. Lors de la présentation, Jensen Huang, fondateur et PDG de Nvidia, a déclaré que l’ordinateur évoluerait d’un modèle centré sur les applications vers un fonctionnement où l’utilisateur formule une demande et où la machine exécute directement le travail demandé.
Microsoft prévoit également d’intégrer progressivement ces capacités d’agents IA dans l’interface de Windows, notamment via la barre des tâches.

Capacités pour la création PAO et les jeux vidéo, et date de sortie
Au-delà de l’IA, Nvidia met en avant les capacités de RTX Spark pour la création de contenu et le jeu vidéo. La plateforme revendique jusqu’à 1 pétaflop de puissance dédiée à l’intelligence artificielle.
Selon Nvidia, elle permet notamment de manipuler des scènes 3D de plus de 90 Go, d’éditer des vidéos 12K ou encore de générer des contenus vidéo assistés par IA en 4K. L’entreprise affirme également que les PC équipés de RTX Spark pourront faire fonctionner des jeux AAA en 1440p à plus de 100 images par seconde.
Adobe a annoncé une refonte de Photoshop et Premiere Pro afin de tirer parti de l’architecture RTX Spark. Les deux logiciels devraient bénéficier d’un nouveau pipeline optimisé pour la mémoire unifiée, le GPU Blackwell et les outils logiciels de Nvidia. L’éditeur évoque jusqu’à deux fois plus de performances pour certaines fonctions liées à l’IA, aux effets et à l’édition.
Plus de cent éditeurs de logiciels et développeurs de jeux ont également annoncé leur prise en charge de la plateforme, parmi lesquels Adobe, Blackmagic Design, Blender, ComfyUI, CapCut, Riot Games, NetEase, KRAFTON ou encore Xbox.
Les premiers ordinateurs portables et PC compacts équipés de RTX Spark sont attendus à l’automne 2026. Microsoft, Asus, Dell, HP, Lenovo, MSI et Surface figurent parmi les premiers partenaires annoncés, tandis qu’Acer et Gigabyte prévoient de rejoindre l’écosystème dans un second temps.
Avec RTX Spark, Nvidia étend ainsi sa présence au-delà du marché des cartes graphiques et des accélérateurs IA pour s’installer au cœur du PC Windows. L’enjeu sera désormais de démontrer que cette architecture Arm, pensée autour des agents IA locaux, peut convaincre aussi bien les développeurs que les utilisateurs grand public.
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