Une vidéo montrant des robots humanoïdes en uniforme dans un restaurant McDonald’s à Shanghai a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux, laissant penser qu’ils avaient pris la place des serveurs ou des cuisiniers. On y voit en effet plusieurs machines accueillir les clients, interagir avec eux et évoluer derrière le comptoir, comme de véritables employés. Mais cette séquence virale est en fait trompeuse…
Des robots serveurs chez McDonald’s ? Une vidéo devenue virale
Face à l’ampleur des réactions, McDonald’s a apporté des précisions. Selon Jon Banner, directeur de l’impact global du groupe, les robots visibles dans la vidéo n’étaient pas utilisés pour assurer le service ou la cuisine ni pour remplacer du personnel.
Ils faisaient en réalité partie d’un dispositif temporaire mis en place lors de l’inauguration d’un restaurant situé dans le musée des sciences et technologies de Shanghai. Leur présence visait avant tout à attirer l’attention et à créer une animation autour de l’ouverture.
“Les robots n’étaient impliqués dans aucune fonction opérationnelle ou de service”, a précisé Banner, ajoutant qu’il s’agissait d’une simple démonstration.
Une clarification qui contraste avec les premières interprétations de certains médias, ayant évoqué des tests en conditions réelles. Le malentendu était cependant légitime, lorsque l’on voit les capacités culinaires de robots tels que le R1 d’Ant Group…
L’essor de l’IA et de la robotique dans les services et les commerces
La vidéo a suscité beaucoup de réactions, notamment parce qu’elle intervient dans un contexte où la robotisation progresse rapidement dans de nombreux secteurs.
Dans la restauration, plusieurs technologies sont déjà en place : bornes de commande, outils d’intelligence artificielle pour les drive ou encore robots serveurs roulants. L’arrivée de robots humanoïdes, capables d’interagir directement avec les clients, représenterait donc la prochaine étape de cette automatisation.

Plus largement, des entreprises comme Amazon utilisent déjà massivement des robots dans leurs opérations logistiques, avec plus d’un million d’unités en circulation selon les estimations du Wall Street Journal en 2025. Une part importante des livraisons serait désormais assistée par ces systèmes automatisés.
Dans ce contexte, l’idée de robots remplaçant des employés dans des restaurants apparaît de plus en plus plausible aux yeux du public, même si la réalité technique reste plus complexe. Des experts en robotique comme Rodney Brooks mettent en garde les entreprises sur les problèmes de préhension, de compréhension spatiale et d’équilibre des robots actuels.
XMAN-R1 de Keenon Robotics : le robot humanoïde au comptoir de McDonald’s
Les machines aperçues dans la vidéo ont été développées par Keenon Robotics, une entreprise spécialisée dans les robots de service pour les environnements commerciaux.
Le robot humanoïde présenté est vraisemblablement leur modèle XMAN-R1, dévoilé officiellement en 2025. Il est conçu pour interagir avec les clients et s’intégrer dans des espaces comme les restaurants ou les hôtels. Il serait capable de comprendre des instructions simples, de dialoguer de manière basique et de se déplacer de façon autonome en évitant les obstacles.
Ce type de robot pourrait également fonctionner en coordination avec d’autres machines de la marque, comme des robots serveurs ou de nettoyage, afin de fluidifier certaines tâches dans un établissement.
Cependant, ces capacités restent limitées à des interactions simples et à des scénarios bien encadrés. Elles ne permettent pas encore de remplacer l’ensemble des missions réalisées par des employés humains, notamment celles nécessitant adaptation, gestion de situations complexes ou relation client approfondie.
L’événement de Shanghai s’apparente donc davantage à une opération de communication. Cependant, les robots pourraient à terme, dans la restauration, jouer un rôle complémentaire, en prenant en charge certaines tâches répétitives ou en améliorant l’expérience client. Mais leur déploiement à grande échelle reste conditionné à des enjeux techniques, économiques et sociaux encore loin d’être résolus.
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