Vous rentrez chez vous après une longue journée et dans votre cuisine, un bras articulé découpe vos légumes et retourne votre steak avec la précision d’un chef… bienvenue dans le dîner du futur.
Depuis quelques années, les robots culinaires (systèmes automatisés spécialisés) sortent peu à peu des laboratoires pour équiper certaines cuisines professionnelles, notamment dans la restauration rapide ou les ghost kitchens.. Mais sont-ils vraiment prêts à nous remplacer ? Quelle place prendront les robots humanoïdes en cuisine dans les années à venir ?
Les robots de cuisine domestiques pour bientôt ?
Côté grand public, les Thermomix, Cookeo, Monsieur Cuisine et autres robots multifonctions se vendent par millions. Aujourd’hui, les robots domestiques restent des assistants culinaires. Mais certains concepts comme ceux de Moley Robotics se tourne déjà vers l’avenir, avec le projet d’une cuisine entièrement automatisée et des bras robotiques capables de reproduire des gestes humains complexes. La marque a déjà commercialisé certains robots, même si pour le moment, ils sont considérés comme des produits de luxes, destinés aux résidences haut de gamme et aux hôtels de luxe.
Les robots humanoïdes sont pour l’heure encore absent des cuisines même si leur perfectionnement avançant, il est fort probable qu’ils finissent par prendre eux aussi places dans nos cuisines. Mais pour cela, les constructeurs devront d’abord régler des points essentiels comme le développement des mains. C’est d’ailleurs sur ce point qu’Elon Musk a mis l’accent ces derniers temps dans une interview pour X Takeover, en affirmant qu’il s’agissait de la difficulté majeure dans le développement des robots humanoïdes. Le milliardaire américain est à la tête du groupe Tesla qui conçoit le Tesla Optimus.
La cuisine robotisée : une révolution déjà en marche
De Boston à Tokyo, les cuisines robotisées se multiplient. À Boston, Spyce, fondée par des anciens du MIT et rachetée en 2021 par Sweetgreen, a conçu une cuisine automatisée capable de préparer des bols chauds en quelques minutes. En France, la startup Cook-e, basée à Nantes, propose une solution 100 % robotisée de préparation de repas personnalisés.



Au Japon, les robots à sushis de Suzumo Machinery, développés dès les années 80, sont aujourd’hui largement utilisés dans certaines chaînes industrielles et restaurants à gros volume, mais restent absents de la majorité des établissements traditionnels. Outre-Atlantique, Flippy développé par Miso Robotics peut retourner des steaks, frire des aliments et assister au nettoyage en déplaçant certains éléments de cuisson, mais le nettoyage complet de la grille reste effectué par un opérateur humain. Il est déjà utilisé dans plusieurs restaurants comme White Castle ou CaliBurger.
Ce que les robots savent vraiment faire
Soyons clairs, les robots culinaires actuels ne savent pas créer un menu dégustation trois étoiles sans intervention humaine. Leur force réside ailleurs :
- Répétabilité : parfait pour reproduire à l’identique un plat des centaines de fois.
- Cuisson de précision : température, durée, homogénéité.
- Hygiène : pas de contamination croisée, pas d’oublis de lavage de mains.
- Productivité : fonctionnement sans fatigue, sans pause et peut donc être plus rapide qu’un humain lorsqu’il s’agit d’effectuer des tâches mécaniques et répétitives (éplucher, mélanger, pétrir, etc…)
- Potentielle réduction des coûts : réduction du personnel sur les tâches répétitives, diminution des erreurs de cuisson et meilleure gestion des matières premières.
Mais ces systèmes sont encore dépendants de programmations rigides. Ils ne savent pas improviser, goûter ou rectifier l’assaisonnement d’une sauce. Attention, ici on parle de robots culinaires automatisés, souvent composés de bras articulés ou de modules de cuisson et non de simples robots ménagers multifonctions que l’on trouve déjà dans de nombreux foyers.
Les limites (encore très humaines) des robots en cuisine
La cuisine, ce n’est pas seulement de la technique. C’est un art, une culture, une émotion.
- Créativité absente : un robot ne sait pas créer un plat avec les restes du frigo ou adapter une recette à une intuition.
- Geste et esthétique : la précision d’un dressage étoilé ou la finesse d’une découpe sashimi leur échappent encore.
- Maintenance : coût d’acquisition élevé (entre 248 000 et 330 000€) pour une cuisine Moley Robotics selon les options et la configuration inclus (écrans, logiciels, meubles) les taxes et le marché.
- Zéro interaction : pas de sourire en cuisine, pas d’échange avec le client.
Si les robots culinaires doivent être distingués des robots humanoïdes, c’est parce que ces derniers peuvent rencontrer des difficultés, voire des incompatibilités, avec certaines tâches en cuisine..
Robots VS Chefs : vers une collaboration créative
La tendance à court terme ne va pas vers le remplacement des chefs, mais vers une collaboration homme-machine. Les robots prennent en charge les tâches ingrates ou répétitives (épluchage, friture, nettoyage), tandis que les humains se concentrent sur l’innovation, le dressage et le lien avec le client.
Des restaurants à fort volume ou à fonctionnement en ghost kitchen (cuisine sans salle de restaurant) adoptent déjà ce modèle hybride. Thierry Marx chef étoilé français et formateur à l’université Paris-Saclay a déclaré le 3 mai dernier au micro de RTL à propos de l’utilisation des robots cuisiniers :
« Nous, on s’en sert déjà à l’université de Paris Saclay, parce que nous avions la chance d’avoir ce laboratoire de recherche-développement ».
Le célèbre chef étoilé a également indiqué que l’intelligence artificielle allait bouleverser la profession et le monde de la restauration. Il faut dire que pour certains restaurateurs, l’achat de robots certes onéreux pourrait permettre à terme d’alléger grandement la masse salariale avec une légère présence humaine pour diriger des robots faisant office de commis de cuisine. Du moins jusqu’à l’autonomie parfaite.
Des cuisines entièrement robotisées à domicile, avec bras articulés contrôlés depuis une application. Cela pourrait donc être ça la prochaine étape. Comme les musiciens avec les logiciels de MAO ou les photographes avec l’IA, les chefs vont devoir évoluer. Les robots ne vont pas les faire disparaître, car ils ne possèderont pas la créativité d’un être humain mais vont assurément transformer leur rôle d’exécutant en dirigeant. Cet article vous a donné à réfléchir ? Partagez votre avis en commentaire : seriez-vous prêt à déguster un repas entièrement préparé par un robot ? Ou préférez-vous le coup de main du chef et le parfum des épices dans une cuisine animée ?
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