La société chinoise EngineAI a publié une nouvelle séquence spectaculaire montrant son robot humanoïde T800 asséner un coup de pied suffisamment puissant pour faire tomber son propre fondateur. Une démonstration choc destinée à répondre aux soupçons persistants qui accusaient la précédente vidéo promotionnelle d’être truquée ou générée par ordinateur.
Le T800 combat le PDG d’EngineAI pour balayer les accusations de trucage
Face aux critiques croissantes entourant son premier film promotionnel, EngineAI a choisi une méthode peu conventionnelle : confronter son robot à son PDG, Zhao Tongyang, équipé d’une protection thoracique. Dans cette nouvelle séquence tournée dans les locaux de l’entreprise, le T800 porte un coup de pied qui projette le dirigeant à terre. Les images ont été filmées sous plusieurs angles. On y voit le robot conserver son équilibre après l’impact avant de prendre brièvement la pose.
Cette mise en scène fait écho à une polémique née avec la première vidéo du T800, diffusée début décembre, qui montrait la machine enfoncer une porte, exécuter des acrobaties et des mouvements d’arts martiaux. L’esthétique très cinématographique, éclairages dramatiques à l’appui, avait alimenté les doutes. Certains internautes pensaient à un montage à base d’IA, d’autres, à « des images générées par ordinateur ».
« À moins de le voir de mes propres yeux, je ne suis pas convaincu qu’il ne s’agisse pas d’images de synthèse. Ça n’a tout simplement pas l’air réel », déclarait un internaute sur YouTube, cité par Le Parisien.
En réaction, EngineAI a d’abord publié des images des coulisses pour tenter de rassurer. Mais le scepticisme est resté suffisamment fort pour pousser l’entreprise à aller plus loin avec cette démonstration impliquant directement son PDG.
Les caractéristiques techniques du robot humanoïde T800
Derrière cette mise en scène spectaculaire, EngineAI cherche aussi à rappeler que le T800 est un robot destiné à des usages sérieux. L’humanoïde mesure 1,73 mètre pour 75 kg, batterie comprise, et se déplacerait à une vitesse allant jusqu’à 3 m/s. Il s’appuie sur une architecture dotée de 29 degrés de liberté, dont 7 dans chacune de ses mains articulées. L’entreprise évoque une structure dans un alliage de magnésium et aluminium, de qualité aéronautique, pour combiner robustesse et légèreté.
Les moteurs « à couple élevé » de ses articulations peuvent développer jusqu’à 450 Nm (newton-mètre). Ce qui lui permettrait d’effectuer des mouvements rapides et des acrobaties proches des arts martiaux, nous indique Interesting Engineering. L’endurance annoncée s’étend sur quatre à cinq heures grâce à une batterie à semi-conducteurs. L’androïde dispose aussi d’un système de refroidissement actif dans les articulations de ses jambes, conçu pour maintenir une activité intense dans la durée.
Côté perception, le robot embarque un LiDAR à 360°, des caméras stéréoscopiques et s’appuie sur un traitement rapide des informations pour anticiper les obstacles et cartographier son environnement. La plateforme informatique associe un contrôleur Intel N97 à un module NVIDIA AGX Orin, offrant jusqu’à 275 TOPS (Tera Operations Per Second) de puissance pour les calculs IA.
Les usages visés vont des entrepôts aux tâches de services, en passant par les scénarios collaboratifs.
Entre hyperréalisme et événement de combats de robots : les androïdes font le buzz
Le combat diffusé par EngineAI rappelle la polémique avec XPENG, qui avait dû prouver que son robot IRON, à la démarche hyperréaliste, n’était pas en réalité un humain dans un costume. Pour ce faire, l’équipe de l’entreprise chinoise avait découpé, en direct, les textiles recouvrant sa jambe pour en dévoiler la mécanique.

Cette démonstration très commentée a été suivie d’une levée de fonds par EngineAI de 140 millions de dollars, destinée à accélérer l’entrée du T800 dans une production à grande échelle. Proposé à partir de 22 000 € environ (soit 25 000 dollars ou 180 000 yuans), le robot doit être décliné en plusieurs versions, selon les besoins : « Basic », « Eco » (open source), « Sharpened » (Pro) et « Flagship » (Max). Ce qui lui permet de s’adapter à la fois à des usages industriels, logistiques… ou à des démonstrations plus « sportives ».
L’entreprise revendique une chaîne entièrement automatisée à Shenzhen, prête à fabriquer le modèle en volume. Et afin de prolonger l’attention médiatique générée par ces vidéos, EngineAI annonce travailler sur un événement de combats de robots baptisé « Robot Boxer », prévu le 24 décembre, où le T800 devrait être l’une des attractions principales. Est-ce l’avenir des fameux « Battlebots », qui jusque là étaient souvent artisanaux et téléguidés par des humains ?
En choisissant de se faire frapper par sa propre création, le PDG d’EngineAI a voulu lever les doutes sur l’authenticité des performances du T800. Si l’opération a incontestablement relancé la conversation autour du robot, à l’image des prouesses des modèles de Unitree, elle pourrait aussi détourner l’attention des ambitions plus utilitaires de l’entreprise. Reste à savoir si ce mélange de démonstrations spectaculaires et d’ambitions industrielles permettra au T800 de tirer son épingle du jeu.
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