La société chinoise DroidUp a dévoilé, à Shanghai, Moya, un robot humanoïde présenté comme le premier « robot biomimétique doté d’une IA » entièrement incarnée. Capable de marcher et de reproduire des micro-expressions faciales, ce prototype a fait réagir sur les réseaux sociaux chinois, entre admiration et malaise face à sa ressemblance avec l’être humain.
Moya, un robot humanoïde réaliste pensé pour le contact social
Moya est un exemple « d’intelligence artificielle incarnée », c’est-à-dire un système capable de percevoir, de raisonner et d’agir directement dans le monde physique, et non dans un environnement purement numérique. Selon DroidUp, le robot a été conçu pour reproduire certains comportements humains caractéristiques, notamment la démarche, le regard et les expressions faciales.
Le robot mesure environ 1,65 mètre pour un poids d’environ 32 kg. Moya maintiendrait également une température corporelle comprise entre 32 et 36 °C ; un choix assumé pour renforcer le réalisme des interactions avec les humains. La société affirme que la posture de marche du robot atteint une précision de 92 %, avec une locomotion qui serait, d’après elle, stable et naturelle.
Dans des vidéos relayées notamment par le South China Morning Post, Moya est montrée en train de sourire, hocher la tête, ajuster le mouvement de ses pupilles pour maintenir le regard de son interlocuteur et marcher avec une démarche proche de celle d’un humain. DroidUp met en avant la capacité du robot à reproduire des micro-expressions, le positionnant, selon eux, parmi les humanoïdes les plus réalistes actuellement en développement.
Un biomimétisme aussi fascinant que dérangeant
L’apparence et le comportement de Moya ont provoqué des réactions contrastées. Selon Llewellyn Cheung du South China Morning Post, certains observateurs se disent impressionnés par son niveau de réalisme, tandis que d’autres jugent ses mouvements « dérangeants ». Ces réactions s’inscrivent dans le phénomène bien connu de la « vallée de l’étrange », théorisé par le roboticien japonais Masahiro Mori dès 1970.
Contrairement à de nombreux fabricants qui optent pour des designs épurés ou clairement artificiels afin d’éviter toute confusion avec l’humain, DroidUp fait le choix inverse. L’entreprise cherche explicitement à franchir cette vallée en rapprochant l’esthétique et le comportement de ses robots de ceux d’un être humain réel.
Sur le plan technologique, Moya reposerait sur une plateforme interne baptisée « Walker 3 », selon des informations relayées par des sites spécialisés. DroidUp avait effectivement conçu un précédent robot baptisé Walker 2 ; à ne pas confondre avec le Walker S2 de UBTECH dont l’éventuelle parenté n’a jamais été établie.
La société n’a apparemment pas donné beaucoup de détails sur cette nouvelle architecture, mais cette base intègrerait des caméras et des capteurs LIDAR, permettant une planification autonome des déplacements et une détection des obstacles en temps réel. On peut voir également dans certaines vidéos, une structure imitant le squelette humain.

Usages envisagés par DroidUp, et limites actuelles du robot
DroidUp ne présente pas Moya comme un robot industriel. L’entreprise vise plutôt des environnements où l’interaction humaine est centrale, comme la santé, l’éducation ou certains services commerciaux. « Un robot qui sert réellement la vie humaine doit être chaleureux, avoir une température, presque comme un être vivant, avec lequel les gens peuvent établir un lien », a déclaré Li Qingdu, fondateur de DroidUp, dans une vidéo relayée par le média chinois SMB.
L’arrivée de Moya sur le marché est prévue d’ici la fin de l’année 2026, avec un prix de départ estimé à environ 1,2 million de yuans, soit près de 146 000 euros. À ce stade, les démonstrations publiques montrent toutefois des capacités encore limitées, notamment en matière de fluidité de mouvement et d’autonomie. Des apparitions qui viennent contredire les affirmations de l’entreprise et font planer le doute sur ses réelles possibilités d’usage.
Bien que Moya soit présentée comme étant le premier robot biomimétique avec intelligence artificielle incarnée, plusieurs modèles concurrents montrent un réalisme comparable, voire encore plus étonnant. C’est le cas par exemple d’humanoïdes à la peau flexible, comme Emo de l’université Columbia, ou encore des modèles hyperréalistes de AheadForm. Même si, pour ces robots, l’accent est mis sur la reproduction des expressions faciales.
Avec Moya, DroidUp illustre une voie radicale de la robotique humanoïde, misant sur le biomimétisme et le lien émotionnel plutôt que sur la performance industrielle. Si ce choix renforce l’impact visuel et médiatique du robot, il soulève aussi des interrogations sur son acceptabilité sociale et ses usages concrets, à un stade où la technologie demeure encore largement expérimentale. Et vous, aimeriez-vous avoir un robot de ce type à la maison ?
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