Présenté le 24 février par l’Université de Kyoto, le robot humanoïde Buddharoid a été conçu pour prodiguer des conseils spirituels dans des lieux de culte. En s’appuyant sur une IA entraînée à partir d’écritures bouddhiques, l’androïde pourrait, à terme, contribuer à compenser la pénurie de moines au Japon.
Un robot entraîné pour transmettre les enseignements bouddhistes
Buddharoid est un projet de Seiji Kumagai, professeur à l’Institut pour l’avenir de la société humaine à Kyoto. Haut d’environ 1,30 mètre, ce robot humanoïde peut interagir oralement avec les fidèles et assurer une présence dans les temples.
La machine a été formée à partir de textes religieux, y compris certains écrits ésotériques, afin de répondre à des interrogations que les pratiquants hésitent parfois à aborder avec un interlocuteur humain.
« Le bouddhisme enseigne qu’il ne faut pas suivre aveuglément ses pensées ni se précipiter. L’une des approches consiste à apaiser son esprit et à se défaire de cette pensée », aurait conseillé le robot à une journaliste, lors d’une démonstration sur la chaîne publique japonaise NHK.
Selon les chercheurs de l’université, à l’avenir, il serait envisageable que Buddharoid « assiste ou remplace certains rituels religieux traditionnellement accomplis par des moines ».
Buddharoid : une réponse possible au vieillissement des moines au Japon
Au-delà de l’accompagnement spirituel, les chercheurs estiment que Buddharoid pourrait contribuer à pallier le manque de prêtres bouddhistes dans un pays confronté au vieillissement de sa population et à une pénurie de main-d’œuvre.
« On m’a confié la mission de transmettre les enseignements du bouddhisme et d’écouter les histoires de chacun » explique lui-même l’androïde.
Dans un autre exemple d’échange, l’androïde, qui est vêtu comme un religieux et peut effectuer des signes de prière, précise : « Je suis moine bouddhiste et je travaille dans un centre de formation pour jeunes délinquants ».
Le projet s’inscrit dans la continuité de travaux menés par Seiji Kumagai sur des chatbots religieux tels que « BuddhaBot », développés à l’aide de modèles d’OpenAI, à l’origine de ChatGPT. Toutefois, l’université souligne que leur utilisation soulève encore des interrogations éthiques et avertit que « cela pourrait entraîner un changement profond dans la culture religieuse ».
Le G1 de Unitree comme base matérielle du robot moine
Sur le plan matériel, Buddharoid est en fait un robot humanoïde G1 développé par l’entreprise chinoise Unitree Robotics, commercialisé depuis mai 2024. On en a notamment aperçu dans une chorégraphie impressionnante de kung-fu au Gala du Festival du Printemps.
Ce modèle mesure environ 1,30 mètre pour un poids proche de 35 kg et peut intégrer entre 23 et 43 moteurs d’articulation selon les versions, lui offrant une grande amplitude de mouvement. Le G1 embarque également des capteurs de perception, dont un LiDAR 3D et des caméras de profondeur, ainsi que des mains articulées à contrôle de force. Ces équipements permettraient une navigation et des manipulations adaptées à son environnement.

Son modèle d’intelligence artificielle repose, quant à lui, sur des techniques d’apprentissage par imitation et par renforcement. Avec un prix de base compris entre 85 000 et 99 000 yuans, soit environ 12 000 à 16 000 dollars, ce robot figure parmi les humanoïdes les plus accessibles de sa catégorie.
En combinant un matériel robotique existant avec une intelligence artificielle spécialisée dans les textes religieux, Buddharoid pourrait constituer une solution face à la diminution du nombre d’habitants, et donc de travailleurs, au Japon. Reste à savoir si la population arrivera à s’habituer à des conversations religieuses avec un robot humanoïde, ou à leur simple présence dans des lieux de culte. Et vous, quelle serait votre réaction ?
Certains liens de cet article peuvent être affiliés.
