Après avoir longtemps repoussé cette option, OpenAI s’apprête à introduire des publicités dans ChatGPT. Une décision dictée notamment par l’augmentation rapide du nombre d’utilisateurs, principalement en formule gratuite, et par l’explosion de ses coûts d’infrastructure.
Des publicités testées dès 2026 dans ChatGPT
OpenAI a officialisé, le vendredi 16 janvier 2026, le lancement imminent de tests publicitaires dans ChatGPT aux États-Unis. Ces annonces sponsorisées seront affichées sous les réponses de l’IA, clairement séparées des échanges, d’après l’entreprise, et identifiées comme contenu promotionnel. L’expérimentation concernera uniquement la version gratuite et l’abonnement d’entrée de gamme ChatGPT Go, à 8 $ par mois aux USA (ou 8 € par mois en France).
Mais qu’est-ce que ça implique pour la fiabilité et l’objectivité des réponses ? Ne court-on pas le risque de voir des informations sponsorisées ? Et qu’en est-il de l’utilisation des données des internautes ?
OpenAI assure que « les publicités n’influencent jamais les réponses fournies par ChatGPT » et que celles-ci sont « optimisées uniquement en fonction de leur utilité ».
Par ailleurs, les utilisateurs pourront désactiver le paramètre de « personnalisation publicitaire », qui s’adapte à leurs centres d’intérêt. Mais aussi supprimer les données dont se sert OpenAI pour ce ciblage, ou encore masquer certaines annonces. Enfin, nous informe le BDM, les moins de 18 ans ne devraient pas recevoir de publicités, et aucune ne traitera de thématiques sensibles, telles que la santé mentale ou la politique.
Abonnements gratuits et investissements colossaux : le déficit d’OpenAI
L’introduction de la publicité répond à une contrainte économique de plus en plus lourde pour OpenAI. ChatGPT compterait entre 800 et 900 millions d’utilisateurs hebdomadaires, dont une grande majorité utilisant encore la version gratuite. En effet, d’après le média The Information, 95 % des utilisateurs n’étaient toujours pas abonnés en avril 2025.
Or, les coûts d’exploitation des grands modèles de langage comme ChatGPT augmentent parallèlement à leur démocratisation, notamment en raison de leurs besoins en calcul. Selon Sarah Friar, directrice financière d’OpenAI, la capacité énergétique de leur LLM est passée de 0,2 GW, en 2023, à environ 1,9 GW en 2025.

Et même si son chiffre d’affaires annuel serait passé de 2 milliards de dollars, en 2023, à plus de 20 milliards en 2025, l’entreprise multiplie les dépenses. Elle prévoit par exemple de consacrer jusqu’à 100 milliards de dollars à la location de serveurs pour l’entraînement et le fonctionnement de son IA en 2030, et 250 milliards supplémentaires d’ici 2029 pour des infrastructures de cloud.
Ainsi, OpenAI, qui a connu des pertes record en fin d’année, reste déficitaire. Et ce, malgré une valorisation de plus de 500 milliards de dollars, atteinte en octobre dernier. L’entreprise projetterait actuellement une nouvelle levée de fonds à 80 milliards de dollars, mais sa situation économique et les craintes récentes d’une bulle de l’IA pourraient poser problème.
« Pour pouvoir de nouveau lever de l’argent, OpenAI doit faire la promesse aux investisseurs d’un modèle rentable », explique Alexandre Mahé, associé chez EY Fabernovel.
La publicité permettrait ainsi de sécuriser son modèle économique et de rassurer les potentiels investisseurs.
Publicité dans ChatGPT : des incertitudes pour les annonceurs et les utilisateurs
Du côté des marques, l’ouverture de ChatGPT à la publicité suscite autant d’enthousiasme que d’interrogations. « C’est une opportunité incontestable pour les annonceurs », estime Jean-Luc Chetrit, directeur général de l’Union des marques (UDM), cité par Le Figaro. De son côté, Marina Houdayer, directrice adjointe de Havas Marketing, affirme préparer ses clients « à la généralisation de la pub sur les LLM ».
Toutefois, de nombreuses zones d’ombre subsistent sur les mécanismes de ciblage, les formats publicitaires et les modèles de facturation. « On ne sait pas ce qu’on peut en attendre en termes de conversion, en termes de ROI » (« retour sur investissement »), explique Charles Rousseaux, directeur général de Hearts and Science. Les professionnels s’interrogent également sur l’impact de l’agent conversationnel sur la relation entre marques et consommateurs.
OpenAI affirme qu’il ne vendra jamais les données des utilisateurs, et assure que les réponses resteront « motivées par ce qui est objectivement utile, et jamais par la publicité ». Reste que, comme le souligne Alexandre Mahé, « le plus grand risque pour OpenAI est de lasser les utilisateurs » dans un contexte de concurrence accrue entre assistants IA, notamment avec Gemini 3 de Google.
Avec l’arrivée de la publicité dans ChatGPT, OpenAI s’aligne sur un modèle déjà adopté sur d’autres types de services par Google ou Meta. Si cette stratégie vise à soutenir des investissements massifs et une adoption toujours plus large, son acceptation par les utilisateurs comme par les annonceurs dépendra de l’équilibre réel entre monétisation, transparence et confiance.
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L’introduction des publicités dans ChatGPT est à la fois intrigante et inquiétante. J’espère qu’OpenAI réussira à trouver le bon équilibre entre monétisation et la qualité des réponses.
C’est vraiment un tournant pour ChatGPT ! J’espère que les pubs ne vont pas trop interférer avec l’expérience utilisateur. Une petite touche d’humour ne ferait pas de mal non plus !
C’est super intéressant de voir comment OpenAI évolue avec ces publicités ! J’espère juste que ça ne dégradera pas l’expérience utilisateur. À suivre !
C’est fascinant de voir comment la publicité va influencer notre expérience sur ChatGPT. J’espère que cela ne dégrade pas la qualité des réponses et que l’équilibre sera respecté.
L’introduction de publicités dans ChatGPT est un choix audacieux. J’espère que cela ne compromettra pas la qualité des réponses. La transparence est essentielle pour garder la confiance des utilisateurs.